Club Abélard

 

 

 

 

Le Rugby

 

Une contribution de Benoît pour le Club Abélard

 

 

 

 

 

I- Un jeu

 

Le rugby est un sport de voyous joué par des gentlemen.

 

Le rugby n’est pas un sport comme les autres, c’est avant tout un art de vivre.

 

Le rugby n’aurait jamais existé si William Webb Ellis n’avait pas pris la balle à la main lors d’un match de foot dans la ville de Rugby. Le rugby est né d’une transgression, et aujourd’hui encore on peut sentir cette hérédité.

 

Dire qu’il y a un physique type pour jouer au rugby est une idée reçue : le rugby est le sport qui mêle le plus de gabarits différents.

 

Le rugby n’est pas le sport le plus violent (c’est le handball).

 

Les avants sont plus solidaires que les trois-quarts qui sont plus individuels. Les avant sont souvent cantonnés à un travail ingrat (la conquête) qui permet aux trois-quarts (les gazelles) de briller.

 

Avant on n’avait pas droit aux remplacements, même sur blessure. Les joueurs finissaient souvent les matchs avec des côtes cassées, sans broncher (pas comme Beckenbauer pour qui on a fait tout un flanc).

 

Maintenant le rugby se joue à 22. Le coaching est une science. C’est de plus en plus dur a suivre pour les commentateurs. Le coaching peut vous faire gagner un match, mais il peut aussi en faire perdre.

 

Les règles changent tous les ans. Quand on arrête de jouer on ne comprend plus rien.

 

Dans les divisions inférieures, bien souvent les arbitres ne connaissent pas les nouvelles règles.

 

On change les règles pour que le rugby soit plus spectaculaire. Qui dit plus de spectacle dit plus d’audience et dit plus d’argent. Avant l’essai valait autant qu’une pénalité !

 

La règle du hors-jeu est incompréhensible pour qui n’a jamais joué au rugby (presque autant que les règles du football américain).

 

La règle de l’avantage est une règle essentielle du rugby. Elle permet de ne pas trop hacher le jeu.

 

Les impacts sont de plus en plus violents. Les joueurs se blessent de plus en plus, surtout avec l’accumulation des matchs.

 

 

II- Une ambiance

 

Le rugby permet de nouer des amitiés très profondes.

 

La troisième mi-temps est une tradition. Les deux équipes se retrouvent au club house et oublient en chantant autour d’un verre (souvent plusieurs) les rivalités du terrain (même les mauvais coups). A haut niveau, c’est une tradition qui se perd à cause du professionnalisme (aujourd’hui tous les clubs ont un nutritionniste).

 

Le rugby a longtemps été un sport amateur. Les joueurs travaillaient la journée ou continuaient leurs études et s’entraînaient après. Citer Lucien Mias qui était médecin, Serrière qui était chef d’entreprise, Roumat qui était géomètre et Dooley et Ackford qui étaient policiers.

 

La lutte contre le professionnalisme a longtemps ressemblé à une chasse aux sorcières.

 

Le rugby est désormais entré dans l’ère du professionnalisme (il a franchi le Rubicon du professionnalisme). Tout a commencé dans l’hémisphère sud.

 

En France l’argent est un tabou. Au rugby comme ailleurs. Il y a toujours eu des primes de match : tout le monde le savait mais on en parlait jamais. C’est encore vrai à l’heure du professionnalisme. On ne connaît pas le montant des salaires et des transferts comme au foot.

 

Le rugby à XIII s’est développé à l’époque où le rugby à XV refusait par principe le professionnalisme. Du coup les couches populaires ont préféré joué au XIII, où ils étaient rémunérés. Sur le plan du jeu, le XIII est beaucoup moins riche, car beaucoup plus morcelé et figé dans les configurations de jeu.

 

On fait de moins en moins la haie d’honneur (sauf en universitaire et en corpo)

 

Dans les stades de rugby il n’y pas besoin de barrières pour garder les supporters (qui ne se battent jamais). Le football devrait s’en inspirer.

 

On saura jamais ce qui se passe vraiment pendant les tournées (parler de ce joueur français mort dans son vomi en Afrique du Sud)

 

 

III- Approche technique

 

Le rugby se gagne devant. Sans une bonne conquête, on peut pas gagner un match.

 

Une mêlée au centre du terrain est la meilleure configuration pour attaquer.

 

A deux contre un tu fixes et tu donnes.

 

Quand tu as franchi le premier rideau, il faut tout de suite chercher du soutien, si possible à l’extérieur. Citer « t’isoles pas tout seul ».

 

Vaut mieux sortir un ballon propre que de gagner un ou deux mètres de plus.

 

Quand le ballon est mouillé il faut se rapprocher de ses partenaires.

 

C’est plus difficile de taper avec les nouveaux ballons (qui sont trop légers) qu’avec les vieux en cuir.

 

C’est plus facile de réussir une transformation légèrement décalée qu’en face des poteaux.

 

Vent de face : il faut taper à ras de terre.

 

Le coup de pied de recentrage n’est plus assez utilisé. On ne sait plus les faire comme avant. Citer celui de Cambé en 91 0 Twickenham.

 

Pour réussir un drop : le plus important est bien faire tomber la boule (bien droite). Après ça part tout seul.

 

En défense ça sert à rien de monter en pointe (c’est pire).

 

Les défenses sont de plus en plus hermétiques. L’équipe qui a le ballon doit multiplier les temps de jeu pour déstabiliser la défense. Dans l’hémisphère sud, les actions durent souvent plus de deux ou trois minutes.

 

 

Le rugby poste par poste :

 

Talonneur est un poste ingrat.

 

Le pilier moderne est capable de s’intercaler dans la ligne et de faire une passe sur un pas (et il court aussi vite qu’un centre).

 

C’est impossible de comprendre ce qui se passe en mêlée quand on n’a pas joué pilier.

 

Les piliers sont souvent des personnages truculents.

 

Les deuxièmes lignes sont très grands et ont les oreilles en chou fleur (comme les premières lignes d’ailleurs). Ils font souvent des en-avant (même remarque).

 

Troisième ligne centre est le poste le plus complet au rugby.

 

Les troisièmes lignes ailes sont ceux qui courent le plus sur le terrain. Ils sont costauds, rapides et adroits.

 

Les demis de mêlée sont souvent des fouines. Il n’y a que lui qui a le droit de parler avec le capitaine.

 

Les demis d’ouverture ont une bonne lecture/vision du jeu. Le dix est le leader des trois quarts. On jauge un bon dix derrière un pack qui recule

 

Les ailiers sont très rapides. Maintenant ils sont de plus en plus costauds. Les ailiers n’ont pas le droit de rater un plaquage (comme l’arrière). Il y a souvent trois ou quatre remplaçants qui sont ailiers.

 

Les centres sont trapus et ont le centre de gravité très bas. Ils sont des gros plaqueurs.

 

L’arrière est le dernier rempart de la défense. L’arrière doit rassurer son équipe.

 

 

IV- Des équipes et des lieux sacrés

 

Les français ne sont pas assez disciplinés : ils font trop de fautes à cause de leur tempérament latin et donnent des points faciles à l’adversaire. Au nombre d’essais on aurait fait beaucoup plus de grands chelems.

 

Les français ont une réputation de voyous. On est les spécialistes des fourchettes (citer Garuet, son inventeur). Quand les anglais regardent les matchs du championnat de France, ils sont effarés par les mauvais coups. Les arbitres du championnat de France ont longtemps été trop laxistes avec la violence.

 

Les anglais sont très fair play, mais aussi très hypocrites. Ils adorent dire « good game » quand ils gagnent.

 

Les anglais nous envient notre french flair. Citer l’essai de Blanco en 87, celui de Saint André a Twickenham et celui de Sadourny à Auckland en 95, « l’essai du bout du monde ». 

 

Les anglais nous envient notre french flair. Jérémy Guscott est pour certains l’exception qui confirme la règle (rien à voir avec Will Carling).

 

Les français ont inventé l’attaque en profondeur, qui laisse plus de temps pour se passer la balle, et l’arrière intercalé, qui vient créer le surnombre. Parler de la grande équipe de Lourdes.

 

En Irlande on ne siffle jamais le botteur. On n’entend plus une mouche voler dans les tribunes.

 

Les irlandais, écossais et gallois sont toujours heureux quand l’Angleterre perd.

 

Le stade du Millénium est au centre de Cardiff, à l’image de la place du rugby dans le cœur des gallois. Malgré cela, le rugby gallois est en crise (citer la fermeture des mines, gros vivier de joueur), et ne pourra faire l’économie d’une restructuration profonde. L’Arms Park existe toujours, il jouxte le stade du Millénium.

 

Les britanniques savent faire des ruckings , pas comme les français qui se font toujours pénaliser. On ne sait pas distinguer entre « de haut en bas » et « d’arrière en avant ».

 

Il ne faut pas regretter d’avoir accepté l’Italie dans le tournoi des V nations. Souvenons-nous en effet que la France a mis plus de dix ans à gagner son premier match, après son intégration dans les « IV » nations : Il faut laisser le temps au temps.

 

La France est la seule grande nation de rugby qui ne parle pas anglais. Cela est souvent pénalisant pour l’arbitrage.

 

L’International Board est pro-anglais et surtout anti-français. Heureusement que Marcel Martin est là pour y défendre les intérêts français.

 

En Afrique du sud le rugby est un sport de blancs. Encore aujourd’hui…

 

Les springboks ont souvent un gros pack et un dix qui joue bien au pied. C’est simple et souvent efficace.

 

Les sud-africains jouent un rugby à l’ancienne, âpre et rugueux, viril mais pas toujours correct.

 

Les centres sud-africains ont des gabarits impressionnants.

 

Les maoris, de par leur tempérament guerrier, sont faits pour le rugby.

 

Les irlandais ne s’avouent jamais vaincus. Citer le fighting spirit.

 

Les argentins ont une grosse mêlée. Les piliers argentins ont une position des pieds différente.

 

Les samoans sont des plaqueurs redoutables.

 

Les australiens sont très bien organisés, surtout en défense. Ils ont révolutionné le rugby en 1991 (ils ont en quelques sorte été le pygmalion de ce sport) : le porteur du ballon avait toujours un soutien à gauche et un soutien à droite.

 

Les italiens n’arrêtent pas de parler et font énormément de fautes. On ne peut pas jouer au rugby avec eux.

 

Les néo-zélandais jouent en noir car ils portent le deuil de leur adversaire.

 

Le haka est un chant guerrier très poétique. Les néo-zélandais défient leurs adversaires du regard (citer Eric Champ qui a été le premier à aller défier un all black pendant le haka).

 

Les fidjiens courent très vite et sont extrêmement adroits avec le ballon : Ils seront très bons à quinze quand ils auront un gros pack et qu’ils seront plus rigoureux.

 

Au rugby tu peux jouer pour la France (ou une autre nation) si ta grand-mère est née en France, ou si tu as joué trois ans en France. C’est la porte ouverte à tous les excès. Citer Tony Marsh (le plus néo-zélandais des joueurs français), Driss Van Herden, Peter de Villiers (le plus sud-africain des joueurs français) et j’en passe. Sans oublier tous les samoans et les fidjiens qui jouent pour les blacks.

 

Tous les clubs anglais sont surendettés.

 

A Lansdowne Road le vent est tourbillonnant, et le train passe sous les tribunes du stade

 

Le Stade de France est très froid, contrairement au Parc des Princes. On regrette le temps où s’y jouaient les finales de Championnat et les matchs des V nations.

 

A Twickenham les spectateurs sont très proches du terrain.

 

Avant les joueurs français ne chantaient pas la Marseillaise. Pas comme les britanniques.

 

 

A Murrayfield on frissonne en écoutant « Scotland the Brave » et « Flowers of Scotland ».

 

Flowers of Scotland est le plus bel hymne du rugby. Pourtant il n’est devenu l’hymne écossais qu’au début des années 70 (en profiter pour faire une petite disgression sur l’autonomisme écossais)

 

 

V- En Ovalie

 

En France le rugby est un sport de villages. Pas comme dans l’hémisphère sud où c’est un sport de provinces. Au rugby on a pas le droit de perdre a domicile. Citer « on est chez nous ».

 

Les entraîneurs de rugby ont souvent l’accent du sud ouest.

 

Le rugby du sud-est est très violent.

 

C’est dans les séries régionales qu’il y a les plus grosses bagarres. Souvent l’équipe qui reçoit tape direct en touche pour relever la première mêlée.

 

Maintenant on ne sait plus relever les mêlées.

 

En France, le sélectionneur est un monarque.

 

Grenoble a toujours eu un gros pack.

 

Toulouse a de loin le plus gros budget. Pas étonnant qu’ils aient raflé presque tous les titres. Mais l’argent ne fait pas tout : regardez Castres.

 

Les joueurs du Racing ont la grosse tête.

 

La différence de niveau entre Philiponneau et Balandrade est énorme. Et encore pire entre Crabos et Balandrade (discussion possible).

 

Le plus dur en France : c’est de monter de troisième en deuxième division.

 

Massy est un des meilleurs clubs formateur en France.

 

 

VI- Des hommes

 

Lomu est la première star du rugby.

 

Roger Couderc était un commentateur hors norme, le seizième homme. Citer « allez les petits ».

 

Salviac ne connaît rien au rugby.

 

Michael Jones est le meilleur troisième ligne aile du monde. Et il aurait pu avoir une carrière encore plus brillante s’ils n’avaient pas refusé de jouer le dimanche.

 

Zinzan Brooke est le meilleur troisième ligne centre du monde : il sait tout faire.

 

Gareth Edwards est le plus grand demi de mêlée du rugby, peut être le plus grand joueur de tous les temps.

 

Blanco n’était pas bon sous les chandelles.

 

Philippe Sella est le meilleur trois quart centre du monde.

 

Fouroux a gaspillé le talent de Denis Charvet (il a même préféré Andrieu !).

 

Villepreux est l’un des plus grands tacticiens au monde. Les anglais l’ont compris avant nous. Villepreux est l’inventeur du concept d’ »intelligence situationnelle ».

 

La trajectoire de course de Denis Charvet lors de son essai en finale contre Toulon est à montrer dans toutes les écoles du rugby.

 

Sadourny fumait un paquet par jour.

 

Alain Carminati a été l’international français le plus bête (qui s’explique notamment par son passage par le XIII). Il collectionnait les cartons rouge.

 

Moore, Skinner et Winterbottom sont les pires joueurs que le rugby ait connu.

 

 

 

 

 

 

 

 

Abélard 2002-2003, touts droits de reproduction interdits