MARSEILLE

 

Une contribution de Jean-Bernard pour le Club Abélard

 

La ville

Marseille est une ville sale : l’arrivée à la gare SNCF Saint Charles en est le meilleur exemple : pleine de magrebhins avec des sacs Tati, on se sent tout de suite dans le premier port d’Afrique. Melting pot naturel compte tenu de sa situation portuaire au confins des routes terrestres et maritimes meditérannéennes , la cité Phocéenne a vu naître le Français le plus connu du monde entier, le footballeur Zinédine Zidane, issu des quartiers nord de la ville, pauvres et populaires, remplis d’immigrés. Son ascension sociale fait de lui le premier ambassadeur des valeurs marseillaises que nous allons décrire ci dessous.

 

Les habitants

A Marseille les gens ne font rien et passent leur temps à jouer aux boules en buvant du Pastis. Leur accent ressemble à celui de Raimu et ils passent aussi des heures à jouer aux cartes (ce qui n’équivaut pas à « ne rien faire », il est vrai). Ils mangent quotidiennement, soit de l’aïoli, soit de la bouillabaisse. Le dimanche, le marseillais prend son bateau, dit « pointu », pour pêcher des sardines de « 2 mètres ». Car le marseillais exagère tout ce qu’il dit : dimensions, histoires urbaines farfelues inventées sur le vif. Cela constitue probablement le trait de caractère le plus commun à tous. Il conduit aussi très mal, et sa voiture, une Fuego ou bien une Golf GTI des années 80 au rabais, est très souvent « tunée » à savoir suréquipée d’accessoires de mauvais goût. Il se prénomme Marius, César ou Anaïs pour les filles. Depuis la mort de Marcel Pagnol, le seul écrivain des Bouches du Rhône (département 13) qui a remplacé l’auteur de la Gloire de mon Père dans le cœur des Marseillais est Jean-Claude Izzo, mort lui aussi depuis.

 

Les taxis

Il semble essentiel de consacrer un paragraphe entier à cette spécialité. Paresseux (comme tout Marseillais cf. supra) les chauffeurs de taxis sont désagréables et cherchent à vous escroquer lorsqu’ils veulent bien vous emmener quelque part, toujours à proximité d’un endroit qu’ils connaissent et où ils seront sûrs de pouvoir se reposer par la suite. Gardes du corps à leurs heures perdues, dans des séminaires et autres manifestations du Front National (dont ils sont membres actifs), ils dégainent le klaxon le plus vite du monde et ont l’insulte facile, défaut faisant tâche sur les Marseillais en général. Luc Besson en a réalisé un film ou les valeurs du système D à la Marseillaise sont mises en exergue.

 

Le « Milieu »

A Marseille, tout le monde triche avec tout le monde. Pas une contravention n’est réglée, et ouvrir un commerce sans être parrainé relève du défi. Tous les marseillais ont dans leur famille un cousin qui travaille à la mairie et le seuil de tolérance est largement dépassé : pots de vins, permis de construire abusifs et arrangements verbaux sont monnaie courante et tout laisse à penser que sans appui dans quelques administrations, l’entreprenariat est chose folle.

 

Le sport

Le club de foot s’appelle l’Olympique de Marseille dont la devise « Droit au but » viens du Rugby, étonnant paradoxe dans un pays ou le ballon ovale n’a pas sa place. Fier d’être marseillais, le supporter se rend pour voir jouer son équipe dans le stade le plus mythique de France, « Le Vélodrome ». Le supporter de l’OM (prononcer Ohème) ne raterait pour rien au monde « le » match de l’année contre le club de foot de la Capitale, le Paris Saint Germain. C’est l’occasion pour les supporters, parisiens ou marseillais, de démontrer l’envergure de leur bêtise en saccageant toutes installations, objets ou endroits évoquant le camp adverse.  Chaque marseillais, même si le foot ne le passionne pas (ils sont cependant assez rares), profite de ce match pour exprimer sa haine du Parisien et de sa ville , la capitale, qu’il juge alors avec subjectivité. Le football est le seul sport dont les Marseillais ont déjà entendu parler.

 

Patois

Le mauvais garçon s’appelle le Mia. Il parle avec des mots que « l’estranger » (quelqu’un qui ne vient pas de Marseille) ne comprends pas : escaguasser, esquicher, furer, degun, fumer (se faire battre), néguer, pachole, peuchère… Il termine toutes ses phrases avec le mot « con ». Exemple : « Vé, ce n’est pas avec cette vielle Fuego que tu vas furer de la cagole, con ! ». La fille, pas mauvaise elle, s ‘appelle la cagole (nom d’origine Marignanaise). Elle est parquée en réserve sur certaines zones, en chasse gardée. Shampouineuse ou bien employé au super marché du coin, elle se reconnaît surtout par son style vestimentaire aguichant et un accent caractéristique.

 

Localisation

La bonne mère protège tous les Marseillais. Elle habite Notre Dame de la Garde. Marseille est une kyrielle de petits villages (111 exactement) : des noms évocateurs comme l’Estaque, Pointe Rouge, Mazargue, Madrague, Vieux Port, Panier,  Vauban, Pharo, Malmousque, Prado ou Calelongue viennent chanter à nos oreilles. Car il fait beau et l’on se sent toujours en vacances dans cette ville. La proximité de la mer y est probablement pour quelquechose. Même s’il ne se baigne jamais, le marseillais ne s’imaginerait pas vivre dans un endroit loin de la mer. C’est pour lui son identité, son signe de distinction : habiter dans une grande ville au bord de la mer. Dans le « grand nord » (aussi loin que Lille pour le Marseillais) se trouve la ville d’Aix-en-Provence, dans laquelle habitent les bourgeois (tous avocats) de la région, dans de très jolis hôtels particuliers du 18ème siècle. Ville étudiante par excellence, les Aixois détestent les marseillais et vice et versa.