Club Abélard
Une contribution d’Etienne pour le Club Abélard
Sources
Abélard experience
Le Monde Diplomatique
Expressions à retenir :
Mani pulite, mafia,
calcio, Il Cavaliero, L’Avvocato, mezzogiorno, dolce vita, risorgimento,
condottiere, duce, aggiornamento, la Cicciolina, Lega Nord (Ligue du Nord), Vespa, sciopero
L’Italie est appelée la
« botte méditerranéenne » en raison de sa forme qui ressemble à une
botte, et sa position avancée dans la Méditerranée.
L’Italie du Nord et l’Italie du Sud
(« Mezzogiorno ») sont quasiment deux pays différents.
Rome est la capitale politique, mais Milan tient
incontestablement le haut du pavé sur le plan économique.
L’Italie est peuplée de 57 millions d’habitants, mais
connaît une grave crise de natalité. Le taux de fécondité n’est pas suffisant
pour assurer le renouvellement des générations.
Depuis Rome et César, l’Italie n’a jamais gagné une seule
guerre. Les armées italiennes perdent en tous temps tous leurs combats.
L’Italie n’existe réellement en tant que pays que depuis
la fin du XIX ème siècle. Auparavant, c’était une multitude d’Etats
indépendants, unifiés par Napoléon puis séparés de nouveau après le départ de
la France.
On peut estimer que contrairement aux allemands, les
italiens n’ont jamais vraiment fait repentance de la période fasciste. On
constate même, à la fin des années 90, des résurgences d’extrême droite, avec
la Lega Nord de Gianfranco Fini, qui participe à la formation du premier
gouvernement du Cavalerio.
La politique en Italie est à comparer avec la IVème
république en France. Elle se caractérise en effet par une instabilité
chronique. Les modes de scrutin ne permettant pas de dégager de majorité
parlementaire, les partis sont obligés de former des coalitions, qui font
généralement long feu.
Silvio Berlusconi a fait toute sa campagne sur le thème
du « président-entrepreneur », en recourant aux techniques du
marketing et du management. Il fait voter des lois en fonctions de ses intérêts
personnels (réforme du délit de « faux-bilan », loi d’amnistie sur
l’évasion fiscale)
Les italiens sont incontestablement,
avec les espagnols, les plus latins des européens. Ils parlent très vite et
avec les mains. Ils sont sanguins et impulsifs, et cela se ressent notamment
dans leur comportement au volant.
Les italiens (surtout dans le Nord) attachent beaucoup
d’importance à leur aspect extérieur. Ils dépensent beaucoup d’argent en
fringues et adorent les voitures.
L’image classique de l’italienne est la mamma. La mamma
a autorité sur l’organisation de la maison et de la famille, pendant que son
mari va travailler au noir pour gagner de l’argent. Elle est omniprésente et
régente toute la vie de ses enfants, jusqu’à ce qu’ils aient trente ans.
Comme les français, les italiens pensent que la loi sert
principalement à être transgressée. L’organisation n’est pas le fort des
italiens, mais ils finissent toujours par s’y retrouver, et les problèmes se
résolvent dans la bonne humeur. Les français ne sont pas trop déboussolés dans
le désordre à l’italienne, contrairement aux allemands et aux suisses qui
deviennent fous.
Les italiens sont généralement ouvertement
racistes : Ils n’aiment pas trop « i neri ». Il faut dire
que l’immigration est un phénomène récent en Italie – avant c’étaient les
italiens eux-même qui émigraient en France et en Europe (Michel Platini, Lino
Ventura, Coluche, etc…) -. Le modèle de l’intégration à la française n’existe
pas en Italie.
L’italien est assez facile à comprendre pour un français,
car les racines des mots sont les mêmes dans les deux langues. C’est une langue
très musicale, et c’est une des raisons pour lesquelles presque tous les opéras
sont en italien. L’italien est par excellence la langue de l’oral. Beaucoup
moins de l’écrit. Ainsi la littérature italienne n’est pas très riche :
l’auteur le plus connu est Dante. Cependant au Xxème siècle la littérature
italienne s’est un peu réveillée (Buzzati, Moravia). Enfin il faut noter que la
comedia dell’arte, ancêtre de la comédie théâtrale classique, trouve ses
origines en Italie.
Malgré tout, il reste que le Génie italien s’exprime
mieux dans la musique, l’architecture, ou la peinture, que dans la littérature.
En Italie le football est presque une religion (mais
quand même moins qu’en Amérique Latine). Chaque italien se doit de supporter
une équipe du « calcio », pas forcément celle de là où il habite. Le
football est tellement important en Italie que l’on a déjà vu des députés en
venir aux mains au parlement, au lendemain d’un Inter – Milan AC controversé.
En Italie certains clubs sont côtés en bourse, et leurs
performances boursières sont étroitement liées aux résultats sur le terrain.
Dans le calcio l’argent est roi. Si bien qu’il n’y a
presque plus d’équipes du sud en première série. Mais la bulle spéculative du
foot-business risque bien de se dégonfler violemment. On en aperçoit déjà les
prémisses, avec les difficultés financières de la Lazio de Rome.
Le meilleur arbitre du monde est italien et chauve, il
s’appelle Collina.
La presse est aux mains de grands groupes industriels qui
la musèlent (Berlusconi, Agnelli, …). Il n’y a pas en Italie de référence
équivalente au Monde, car tous les journaux sont partisans. On peut tout
de même citer quelques quotidiens de qualité : La Stampa, Il Corriere
della Serra, La Reppublica, Il Sole 24 Ore (équivalent des Echos), et
bien sûr, dans le domaine sportif, La Gazzeta dello Sport, bien connue
pour sa couleur rose, ses titres grandiloquents, et ses polémiques.
La Rai est la télévision du service public italien.
Pourtant, cela ressemble plus à TF1 qu’à France Télévisions.
Mediaset appartient à FININVEST, qui est le holding
financier du Cavaliero (Silvio Berlusconi).
Les opérateurs de télévision par satellite (Telepiù,
Sprint) ont eu beaucoup de mal à être rentables parce que des millions
d’italiens utilisaient des cartes pirates. C’est pour cela que les deux
bouquets ont fini par fusionner.
Le cinéma italien est moribond, car il n’a pas bénéficié,
comme en France, d’un soutien massif de l’Etat. Mais cela n’empêche pas, que de
temps à autres sortent des perles, comme La vita è bella de Begnini, ou
plus récemment, L’ultimo baccio et Respiro. Malgré le déclin du
cinéma italien, celui-ci reste très renommé grâce à des cinéastes de légende,
comme Federico Fellini (Mort à Venise).
Le capitalisme transalpin est très particulier :
c’est un système dominé par une poignée de familles, entourées d'une foule
dynamique de petites et moyennes entreprises (PME). L'Italie a une
structure industrielle duale. Un petit nombre de grandes sociétés coexiste avec
un vaste réseau de PME.
Les grandes familles (Agnelli, Benedetti,…) tirent encore
les ficelles du capitalisme transalpin. Elles protègent leur capital des
incursions étrangères. On est très loin du capitalisme à l’anglo-saxonne.
L’ automobile et la mode sont les deux principales
industries italiennes.
L’économie sous-terraine joue encore un rôle très
important en Italie. D’ailleurs le paiement en espèce est beaucoup plus répandu
que dans les autres pays européens.
La mafia est surtout présente dans le sud de l’Italie.
L’opération mani pulite lancée dans les années 90 a permis de faire
éclater au grand jour des scandales implicant les plus hautes fonctions de
l’Etat (politique, judiciaire) et des grandes entreprises. Il est très
difficile, par définition, de savoir si cette opération a eu des effets
positifs ou non.
Les grèves (gli scioperi)
Les italiens n’ont rien à envier aux français sur le plan
des grèves : celles-ci sont très nombreuses et paralysent tout. Souvent,
quand vous arrivez dans une gare pour prendre un train, on vous répond que
« Oggi, c’è lo sciopero, domani forse povra partire »
(aujourd’hui, c’est grève, demain peut-être pourrez-vous partir)
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