L’Education en France
Et quelques informations sur les systèmes éducatifs à
l’étranger
Une contribution d’Etienne pour le Club Abélard
Sur l’éducation
en général
- L’Education
Nationale est un mammouth impossible à réformer (comme la plupart des
institutions en France). Même des ministres issus de la société civile s’y
cassent les dents (Claude Allègre, et bientôt Luc Ferry).
- L’Education
Nationale est l’une des plus gigantesques organisations humaines dans le
monde : plus de 1 million de personnes. La décentralisation de
l’Education Nationale est un sujet tabou, auquel l’immense majorité des
personnels sont opposés.
- Tous les
professeurs sont à gauche et syndiqués. Ce sont d’ailleurs les syndicats
qui font la loi rue de Grenelle.
- Malgré de
nombreuses réformes, les mathématiques ont conservé leur suprématie parmi
le corpus des matières enseignées.
- Le niveau des
études se dégrade continuellement.
Primaire et
collège
- Un nombre
grandissant d’élèves arrive en 6ème sans savoir lire et
compter, car le redoublement ne peut plus être imposé sans le consentement
des parents. Certains élèves ne parlent même pas le français.
- Il faudrait
enseigner l’anglais dès le CP.
- Le Brevet
sanctionne la fin du collège (même s’il n’est pas une condition sine qua
non pour rentrer au lycée). Le Brevet ne sert strictement à rien. Il est
d’un bien moins bon niveau que le feu Certificat d’Etudes (qu’on passait
en fin de primaire).
Lycée
- Le lycée prépare au
baccalauréat. Avant, la Seconde s’appelait « Humanités » et la
Première « Rhétorique ».
- Le Baccalauréat est
une très ancienne institution. Il a été très souvent réformé, mais aucun
ministre n’a osé le supprimer, car il représente le symbole de la
méritocratie à la française. Il reste, dans l’esprit de nombreux français,
le sésame pour la réussite.
- Les filières
techniques doivent être revalorisées et développées.
- Le dogme de
« 80% d’une classe d’âge au bac » a fait beaucoup de dégâts.
- On a essayé de
casser la suprématie du Bac C, mais son remplaçant, le Bac S, reste la
voie royale pour rentrer en classes préparatoires.
Etudes
supérieures
Grandes écoles
- Le système des
Grandes Ecoles est une spécificité de l’élitisme à la française.
- Les meilleures
écoles d’ingénieur sont Polytechnique, Centrale, et les Mines.
- Les meilleures
écoles de commerce sont appelés les « parisiennes » : HEC,
ESSEC, ESCP. Par extension, l’ESC Lyon est parfois appelée la 4ème
parisienne (bien qu’elle soit située à Lyon).
- Sciences Po est à
part. Cette institution a vocation à préparer ses étudiants aux concours
administratifs (parmi lesquelles la prestigieuse et controversée ENA),
même si dans les faits, de nombreux Sciences Po finissent dans le secteur
privé.
- La prépa c’est le
bagne pendant deux ou trois ans, mais après on ne fait plus rien en Ecole.
Certains étudiants (surtout ceux qui ne sont pas récompensés à la hauteur
de leurs espoirs) ont le sentiment, en prépa, de gâcher les plus belles
années de leur vie.
- Les Grandes Ecoles
constituent la voie royale pour débuter sa carrière.
- La grande force des
Grandes Ecoles, c’est leur réseau d’anciens.
Université
- De nombreux
étudiants se fourvoient dans des voies sans débouchés professionnels
(exemple : psycho).
- L’université ne
prépare pas suffisamment à l’entreprise, même si des efforts ont été
entrepris ces dernières années (DESS proposant de véritables formations à
des métiers).
- Les diplômes
universitaires sont bradés et ne valent pas grand chose. C’est pour cela
que de nombreux étudiants d’université tentent d’intégrer une Grande Ecole
par la voie de concours parallèles.
A l’étranger
Royaume-Uni
·
Le système anglais est
très élitiste. Pour réussir, il faut être inscrit dans une école privée
(« public school », par exemple Eton). Là se retrouvent tous les
enfants de riches qui seront plus tard aux commandes de la nation. Ces écoles
ne sont pas mixtes. C’est la raison pour laquelle les jeunes anglais n’osent
pas parler aux filles, et vice-versa. Quand ils rentrent à l’université, ils se
lâchent et font n’importe quoi (ce qui explique le phénomène massif des
filles-mères en Angleterre).
- En Angleterre, on
fait du sport tous les après-midi.
- Oxford et Cambridge
sont les deux villes universitaires les plus prestigieuses (citer les
compétitions annuelles d’aviron et de rugby). Contrairement au système des
Grandes Ecoles, les futures élites étudient généralement des matières très
éloignées de leur débouchés (ainsi il n’est pas rare de rencontrer à la
City des banquiers ayant fait des études d’archéologie ou de littérature).
Allemagne
- En Allemagne les
filières techniques et d’apprentissage sont très bien valorisées. On
devrait s’en inspirer en France. Il n’y a pas d’universités d’élite
(exception : Heidelberg).
Etats-Unis
- Pour faire des
bonnes études, il faut payer plus de 100 000 USD par an. Mais les bourses
étudiantes sont très répandues.
- Les meilleures
universités américaines sont reconnues dans le monde entier (Harvard,
Yale, Princeton, MIT …). Dans ces universités, le sport tient une place
capitale, et la qualité des équipe de football et de base-ball contribuent
énormément à leur réputation. Ainsi de nombreux sportifs professionnels
sont recrutés dans les universités uniquement pour faire partie des
équipes sportives.
- Les Etats-Unis
organisent la fuite des cerveaux (« brain drain ») vers chez
eux. Ainsi, on trouve énormément d’asiatiques dans les universités
américaines.
- L’
« affirmative action » est mise en place depuis une trentaine
d’année. C’est une politique très controversée (à compétence égale,
l’université doit recruter un noir plutôt qu’un blanc) qui a au moins le
mérite de s’attaquer au problème de la discrimination raciale.
- Les anciens des
universités (« alumni ») constituent des réseaux puissant
d’influence et d’entraide.